16 avril 2008
BLEUE
Je déambulle et mes songes résonnent
Dans la mollesse des tresses de juin.
Mon ombre s'allonge et sombre
Dans un éternel chagrin.
Le vent me porte
Dans ses bras d'orge
Là sur ma gorge coulent ses mains.
Tes épaules brillent à la morsure de juin
Quand la douleur part en vrille
Quand tes peurs sourcillent
Et te réclament en vain
Un regard, trois fois rien.
QUAI DES PLUIES
Des diamants électriques clignotent
Au fond d'un filet de plastique
Qui vole et se cogne comme
Ton coeur de méduse.
L'interminable squelette d'un train de marchandise
Vient te gifler
A vide
Le vent s'enfle et voudrait bien arracher
Ton corps flexible
Tu l'attends contre le bastingage
Rivée.
Les peupliers verts pointent la mer d'ardoise
Tandis que Là-bas la pieuvre immense
T'ouvre grand
les bras
Ensemble, vous déverserez l'encre
Puisée à l'horizon violet
De ton coeur
D'armoise.
J'AIME PAS LES FÊTES
J’AIME PAS LES FETES
Deux ou trois choses que j’ai gardées de ma grand-mère …
Son visage et un cœur d’athlète … Increvable et superbe !
Un dehors un peu guindé. Désolée !
L’amour des fleurs …
Et des grands bruns ténébreux.
Le sens de la contradiction.
Voilà pourquoi j’ai épousé un blond.
Le point mousse au tricot : mais si, mais si ! Il y avait dans le fond de mon armoire 36 cache-nez inachevés qui ont fini …en pelote !
Comment dire "Viens boire du café" en Flamand. Avec ça, je peux aller partout !
Pendant les 17 ans où elle m’a élevée, a bien essayé de m’inculquer la patience, l’économie et la couture …
Un penchant pour les opérettes un peu vieillottes. So sentimental !
Eteindre les lumières et regarder le soir tomber en hiver. C’est à peu près le seul geste économique dont je sois capable.
Un verre de vin par jour et du champagne quand tu as mal à la gorge : j’ai souvent mal à la gorge …
Une brique chaude au fond du lit si tu as froid aux pieds. Mais pas de chaussettes !! Même si tu fermes la lumière avant d’aller rejoindre ton homme, même s’il roupille déjà.
Comment avoir une peau magnifique :
Toujours finir ta toilette à l'eau froide.
Un savon de Marseillle
Et une bonne crème de base. Parfait ! J’ai rarement le temps de faire plus.
Apprendre, toujours apprendre. Transmettre.
Les tomates farcies : de leur préparation à leur engloutissement en passant par la cuisson. Le bonheur à l’état pur
Un regard gentiment ironique sur la plupart des fêtes ...
L'art d'euphémiser.
15 avril 2008
RENDEZ-VOUS
Hommage à Tristan ...
Sous ses cils électriques
Au soleil de ses feux
Dans la noirceur de mes yeux
Vois la tribu éclectique.
Une fois l’an
Chez l’Enchanteur
Tombe la nuit
Sur d’étranges cris.
Sous la glycine en cascade
Quelques faunes surgissants
Lancent la saccade
De leurs rugissements.
Bohêmes enchanteurs,
Dresseuses de Fauves,
Loups de la Chapelle,
Enchanteresse aux yeux perss,
Sorciers d’émaux,
Redresseurs de mots,
Alchimistes, Gardiens des Livres,
Sorciers d’émaux,
Redresseurs de mots,
Alchimistes, Gardiens des Livres,
Fleurs passionnantes, Nobles Dames,
Chevaliers botanistes, Dieux celtes aux yeux si clairs,
Guerriers du Sud …
Tous t’appelleront par ton nom.
Mais l’ambroisie délie bien des secrets ...
Aussi prends soin ami
De n’en point abuser !
Tandis qu’à l’ombre du Datura
Elle laissera ses bras sur les siens glisser
Et puis là, sur son dos ailé,
Une à une il dégrafera
A coups de griffes éphémères
Ses chimères.
Chavirer ses yeux
Noirs.
Une fois l’an,
Il l ’attend.
14 avril 2008
Circonstanciels
Dimanche matin,
Quand la pluie craquette
Sous ma couette,
Tandis que je me recroqueville
Sur les tuiles,
Contre ton corps,
Qui dort.
13 avril 2008
Morfée
Coton futé ton futon sur l’herbe déroulé
Pour ton corps s’y vautrer.
Thé à la menthe de ton jardin :
Comme une amante tu lui murmures
Quelque secret sous son armure.
Sous ton cerisier dévasté
Tes paupières s’alourdissent.
Rude est la bataille que tu livres.
Ton souffle secoue les feuilles
Mais sur ta raison souffle la fronde.
Là-bas de roses dinosaures jouent de la cornemuse
Sous les frangipaniers,
Tes cils si longs sont-ils ?
Sous ta frange plus rien ne dérange
Le fil si lisse de tes pensées
Liquides.
Le sommeil a gagné
Vainqueur il t’emporte
Rêve !
12 avril 2008
LA GRAND-ROUE
Or donc, tu seras
Le premier et le dernier
A qui, ton corps contre mon corps
Accordé,
Le privilège de
S’envoler vers d’autres cieux
Tandis que
Sur la Grand-Place au ciel pluvieux
La déesse bénira nos vœux.
Devoirs du soir
Rentrer chez toi
Et planter un gerbora
Attendre la pivoine,
Au pied des chélidoines
Jouer la fée des arrosoirs
Dans la caresse du soir
Sous la fraîcheur du jet
D'eau.
Regarder peu à peu la Mandragore
Dévorer le jour qui s' endort
Pendant qu' à coups d'épuisettes,
Tu chasses les reinettes.
Poème sentinelle
Poème sentinelle !
Pour Angus ...
Hier mon ange je reçus une lettre
Vous savez bien ce qu'elle contenait
Il n'y a que vous mon coeur pour connaître
Le langage des fées.
Là, dans le lit de mes rivières
Une à une cette nuit j'ai semé
Vos graines de roses trémières
Que tour à tour j'ai embrassées.
Dans les profondeurs de ma couche
Ceintes des promesses de ma bouche
Vos graines ont égrené leurs noms
Par delà ma folie, par delà ma raison ...
